Pourquoi j’ai mis une deadline (date limite) à ma vie

Choisir une date pour sa mort, c’est se donner une date pour réaliser ses rêves.

Tu vois, enfant, je me suis vite rendu compte de ma grande capacité de fainéantise responsable. Aujourd’hui, j’ai mis un nom sur le phénomène : la « procrastination », c’est-à-dire la tendance systématique à repousser la tâche à accomplir jusqu’au dernier moment et la faire dans l’urgence pour la terminer dans les délais.

Si tu veux plus de détails sur la procrastination, je te conseille la très bonne vidéo de Tim Urban, ici.

Mon père me surnommait « la couleuvre » car je passais de longues heures, allongée au soleil à contempler les nuages ou la mer, à dormir, à lire ou à ne rien faire. Ça n’a pas changé et ça, c’est pour le côté fainéant.

Pour ce qui est du responsable, je l’ai appris avec l’école, l’éducation, l’université, le boulot et les coups de pieds au cul du paternel (figuratifs mais pas moins douloureux pour mon ego) : des devoirs à rendre pour une date définie et des objectifs à atteindre.

Mais lorsqu’il s’agit de nos rêves, la procrastination, c’est dommage car on n’a plus de date limite, on a toute la vie. Et toi aussi, je suis sûre que tu l’as entendu dans ton enfance, chez les adultes : « j’ai toujours rêvé de … mais… ».

Moi je ne voulais pas rêver de … mais… Non, je voulais rêver et vivre. Alors j’ai choisi d’appliquer la logique objectifs & deadline dans ma propre vie.

Sais-tu quels sont les 5 regrets les plus communs recueillis auprès des gens sur leur lit de mort :

  • J’aurais aimé avoir le courage de vivre la vie que je voulais et pas celle que les autres attendaient de moi.
  • J’aurai aimé ne pas avoir autant travaillé.
  • J’aurai aimé avoir le courage d’exprimer mes sentiments.
  • J’aurai aimé rester en contact avec mes amis.
  • J’aurai aimé me laisser le droit d’être plus heureux

Si tu veux en lire plus à ce sujet, je te conseille le livre de Bronnie Ware.

Lorsque j’envisage mon avenir, je vois toujours de multiples possibilités. Tellement multiples qu’il m’est difficile de choisir. Alors dans cet univers de possibilités, je crée une liste de rêves et de choses à faire, dans tous les domaines et de toutes sortes. Ce faisant, je choisis une deadline à ma vie. C’est une date qui fait du sens pour moi et j’imagine ma mort à cet âge précis et puis surtout, ce que j’aimerais avoir accompli d’ici là.

Je te parle plus en détails de ma perception de la mort ici, si tu veux.

A 10 ans (oui, j’ai commencé tôt), j’ai créé une première liste pour mes 18 ans : faire du cheval, avoir mon bac, mon permis de conduire, gagner de l’argent, savoir me défendre, être indépendante, voir le Canada.

J’ai eu 2 bacs avant mes 18 ans, mon permis 3 jours après mon anniversaire, j’ai commencé à travailler l’été de mes 14 ans dans les champs, j’ai passé 5 galops et j’ai eu une jument avant 15 ans (merci maman), j’ai pratiqué 6 ans d’arts martiaux, je suis partie en internat à mes 17 ans et pour mes études à Montréal à 19 ans. Et en chemin, j’ai grandi, j’ai appris.

A 18 ans, je ne suis pas morte mais je l’ai frôlée quelques fois et je remercie ma bonne étoile. Je me suis réveillée plusieurs fois en sueur suite à des cauchemars récurrents où je me voyais toujours mourir à 33 ans. Comme pour me rappeler que je devais faire une nouvelle liste : voyager en backpack, sauter en parachute, plonger dans les plus belles mers, un trek à cheval en Mongolie, gagner de l’argent, me la jouer femme d’affaire, gravir des sommets, partir faire le tour du monde, expérimenter des sports extrêmes, parler couramment une autre langue, repousser mes limites.

Après avoir posé le pied dans plus de 30 pays, à ceci près que le trek s’est fait au Kirghizstan, que j’ai encore de nombreuses mers et de nombreux pays à découvrir et que je peux encore et toujours repousser mes limites, je peux dire que j’ai tout réalisé, et j’ai tout kiffé le temps que ça a duré.

Et en chemin, j’ai encore plus appris à travers les rencontres, les introspections, les cadeaux, les sacrifices, l’émerveillement, la douleur aussi parfois, et je me sens tellement reconnaissante et riche de ces expériences et de tout l’imprévu et la magie qui en ont été la source ou qui en ont découlé qu’il m’est difficile de résumer.

Et il y a eu de nombreux bonus en plus… par exemple, j’ai découvert mon immense capacité à abattre des montagnes de boulot sous un maximum de pression (une thèse de 90 pages en finance d’entreprises sur les stratégies de couverture d’une grande multinationale après l’analyse de 150 pages de bilan financier et annexes, rédigée en anglais en 72 heures, tout juste imprimée quelques minutes avant le délai et en prime, une présentation de 20 minutes à délivrer une heure plus tard devant 60 personnes).

Et ah oui, la cerise sur le gâteau ! J’ai trouvé l’amour sur le chemin.

Aujourd’hui j’ai 32 ans, je n’ai pas refait de cauchemars mais je suis à nouveau à un carrefour dans ma vie. Et comme auparavant, je n’ai jamais réellement choisi la direction à prendre. Je fais confiance à la vie et je me laisse portée par les opportunités. Les listes et les deadlines, ça m’a plutôt bien réussi. Alors je suis en train d’en recréer une pour mes 45 ans. Et voilà, ma nouvelle deadline est fixée.

On en reparle en 2030.

En ce qui concerne le contenu de ma liste, n’insiste pas, je ne te la dévoilerai pas… par contre, ce que je peux te dire c’est que : si je viens à mourir dans un an, je suis heureuse de la vie que j’ai menée. Je ne regrette rien, le bon comme le mauvais, les hauts et les bas, ma lumière et mon ombre, car c’est tout ce qui fait qui je suis aujourd’hui et je m’aime bien (ce n’est pas encore l’amour inconditionnel mais j’y œuvre). Et je suis fière de moi d’avoir su réaliser mes rêves et d’en avoir encore.

Je n’ai pas (encore) eu la réalisation des rêves d’un Steve Jobs, d’un Albert Einstein, d’une Marie Curie, d’un Francis Crick… mais au moins les humbles miens de rêves. Et qui sait ce que réserve l’avenir ?

Alors tu vois parfois pour réaliser tes rêves, il te suffit réaliser que tu n’as qu’une vie et qu’il n’y a que toi qui choisis. En choisissant d’envisager la date de ta mort et les regrets que tu pourrais avoir à ce moment-là, tu pourrais te donner la force et le courage d’aller vivre tes rêves pour de bon.

Que risques-tu à oser ta mort ? Que risques-tu à oser tes rêves ?

Une deadline pour ta vie… Cape ou pas cape ?!

La Green Mandarine Letter

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